présentation

« Νυχτοπερπατιτες » / « Nyktoperpatitès » (« Ceux qui errent la nuit »)

Le groupe est né au cours de l’année 2011 à Strasbourg et est composé de 5 musiciennes et musiciens.

Le groupe est le fruit de la rencontre entre  un oud, des percussions (rêq, daf, darbouka, zil), un tzoura (luth grec) d’une clarinette et de plusieurs voix (une voix masculine, deux voix féminines) chantant en grec, en turc et en ladino.

Le répertoire de « Nyktoperpatitès » est composé principalement de rebetiko d’avant-guerre.

Le groupe interprète également des morceaux issus d’autres répertoires tels que la musique tzigane d’Istanbul, des chants d’Asie Mineure ainsi que des pièces instrumentales des îles grecques (Mytilène, Crète). Ils font en effet partie intégrante de ce maelström musical qu’est la mer Égée.

LE REBETIKO

C‘est une musique d’exil par définition. Une musique faite et jouée par des gens simples, dépossédés de leur passé et de leur avenir.
« Kaïmo » est aussi intraduisible que « Saudade », que « Heimweh ».

C’est une musique viscéralement vivante, où la voix ou un instrument tel que la clarinette ou le violon peut entraîner les autres instruments à endiabler un tempo ou au contraire à le ralentir brusquement pour accentuer le sentiment de tension. Une musique où les instruments décident de prendre la parole, où l’énergie et l’âme d’une voix qui se déchire prime sur sa justesse et la retenue.

Le quotidien des « manguès » et des « mortissès » y est décrit sans artifice aucun : leur réalité est la pauvreté, la drogue, la prison, les amours dramatiques, mais aussi la poésie simple du quotidien, la musique et les cafés , les « tékés », où tous ces marginaux se retrouvent des nuits entières.

L’ironie face à ce « monde trompeur », est tout aussi présente et marque une certaine lucidité de leur condition ainsi que du contexte social et politique de l’époque. La dictature des Colonels interdira et censurera d’ailleurs ces mélopées dérangeantes.

   « Nous n’avons peur ni de la mort, ni de la faim »
extrait d’une chanson intitulée Kato sta lemonadhika

Les mélodies du rebetiko ont été ramenées en Grèce par les réfugiés d’Asie Mineure lors de l’échange de population entre la Grèce et la Turquie en 1922. Beaucoup étaient originaires de la région de Smyrne.

Smyrne (Izmir en turc) était, avant les années 20, une ville très cosmopolite où Grecs, Arméniens, Juifs, Arabes, Musulmans, Chrétiens et Turcs se côtoyaient et vivaient ensemble paisiblement.

Ce melting pot a, du point de vue musical qui nous intéresse, été très riche en apports des différentes cultures : toutes les langues sont utilisées et se mélangent, et certaines chansons existent en plusieurs langues.
L’argot utilisé par les « rebetès » de l’époque est empreint de mots turcs, arabes, arméniens.